Mickhaïl Ossipoff, penché sur le rebord de la nacelle, sondait l'espace au-dessous de lui, cherchant, dans l'infini étincelant, le noyau cométaire, maintenant à peine perceptible.
Fricoulet regarda Gontran et un sourire sceptique plissa ses lèvres:
—Le pauvre diable! dit-il, et nous qui nous étions engagés à lui conserver la vie sauve.
—Preuve que nous nous étions engagés à la légère, répondit le jeune comte, puisque la Providence n'a pas voulu ratifier notre engagement.
En moins d'une demi-heure, on avait franchi près de cent kilomètres; perdue dans l'irradiation solaire, la comète était invisible à l'œil nu, l'air raréfié de plus en plus avait contraint les voyageurs à revêtir leur respirol et l'intensité de la pesanteur allait diminuant rapidement.
Lorsque l'horaire d'Ossipoff marqua minuit, on avait franchi environ quatre mille kilomètres et la pesanteur était à peu près nulle, si bien que les Terriens durent s'attacher à la nacelle pour éviter d'être précipités par dessus bord, à leur moindre mouvement.
Soudain, l'appareil sembla pirouetter sur lui-même et, subitement, l'aspect du ciel changea.
—Nous venons de pénétrer dans la zone d'attraction martienne! cria Ossipoff à Gontran par l'intermédiaire de son parleur.