—Et c'est Phobos, sans doute, que nous apercevons-là, au-dessous de nous, répliqua, par le même moyen, M. de Flammermont en désignant, à quelques centaines de kilomètres dans l'espace, une petite boule qui paraissait enveloppée d'un rayonnement rougeâtre.

Le vieux savant fit de la tête un signe affirmatif et, se suspendant au filin métallique qui commandait la soupape, il ouvrit celle-ci toute grande, permettant ainsi à une certaine quantité de gaz de s'échapper.

Aussitôt, le ballon alourdi commença à descendre et, avec une rapidité vertigineuse, l'astre qu'il s'agissait d'atteindre grandit aux yeux émerveillés des Terriens; il semblait qu'ils fussent eux-mêmes immobiles dans l'espace et que Phobos se précipitât à leur rencontre.

—Combien de temps pensez-vous que va durer cette descente? demanda M. de Flammermont.

Ossipoff jeta un coup d'œil rapide à ses instruments.

—Une heure environ, répliqua-t-il.

Quelque temps encore, il laissa la soupape entr'ouverte; puis la fermant, il fit passer par dessus bord le câble métallique auquel avait été fixée, en guise d'ancre, une barre de sélénium contournée en forme d'hameçon.

Tout à coup, la nacelle reçut un choc: elle venait de toucher le sol; puis, se relevant, le ballon alla retomber à quelques centaines de mètres plus loin, pour s'élever de nouveau et retomber une fois encore; après quoi, il se mit à glisser sur le flanc, traînant à sa suite la nacelle, après laquelle les voyageurs, rudement secoués, se cramponnaient de toutes leurs forces.

Enfin, un arrêt brusque et net eut lieu; l'ancre, sans doute, venait de mordre et immobilisait la sphère qui, retenue par son câble, se balançait à quelques mètres du sol.