Penchés sur le bordage, les Terriens examinaient, avec une curiosité anxieuse, la configuration étrange du monde nouveau sur lequel ils venaient d'aborder.

Par une singulière illusion d'optique, il leur semblait que le sol fût couvert d'une sorte de résille, aux mailles régulières, assez étroites et qui s'étendaient à perte de vue.

—Oh! oh! dit aussitôt Ossipoff à Gontran, nous n'allons pas tarder à être renseignés sur un des points les plus intéressants de l'astronomie.

Et, aux regards interrogateurs du jeune homme, il répondit:

—Ce sont des canaux de Mars que je veux parler... peut-être ce que nous apercevons là, à nos pieds, va-t-il nous servir d'indice pour résoudre, dès à présent, ce curieux problème.

Cependant Fricoulet, aidé de Farenheit, avait lancé au dehors de la nacelle l'échelle de corde qui devait servir aux voyageurs à abandonner leur véhicule.

L'Américain descendit le premier; puis ce fut le tour de Séléna; après quoi, Ossipoff et Gontran enjambèrent eux aussi le bordage pour rejoindre leurs compagnons.

Fricoulet s'apprêtait à les suivre, lorsque tout à coup, la sphère que le vieux savant n'avait qu'incomplètement débarrassée d'hydrogène et qui brusquement venait d'être allégée de la partie la plus considérable de son poids, exerça sur son câble une si formidable tension que, l'ancre se rompant, elle reprit sa liberté.