Quant à Gontran, il s'élança vers Telingâ et, lui saisissant les mains:
—Jour de Dieu! exclama-t-il, ce misérable est-il donc retombé sur le sol lunaire? ah! s'il en était ainsi...
Ses yeux brillaient d'un éclat haineux et ses sourcils, violemment contractés, indiquaient assez les idées de vengeance qui hantaient sa cervelle.
—Retombé!... mais c'est impossible!... mathématiquement, le boulet doit atteindre Vénus.
Celui qui parlait ainsi n'était autre qu'Ossipoff: son affection pour sa fille et sa haine pour Sharp étaient moins fortes que son amour pour la science... il préférait voir son ennemi lui échapper, grâce au système de locomotion inventé par lui, plutôt que de s'être trompé dans ses calculs et dans ses combinaisons...
Gontran n'avait point fait attention aux paroles du vieillard, car une autre pensée, pensée effrayante, celle-là, venait de lui traverser soudainement l'esprit.
—Mais Séléna a dû se tuer dans la chute, exclama-t-il.
Il avait prononcé ces mots en langage sélénite, s'adressant à Telingâ.
Tout surpris, celui-ci demanda: