—Quelle chute?

—Ne venez-vous pas de dire que vous nous apportiez des nouvelles du misérable?

—Parfaitement si.

—Comment pourriez-vous en avoir s'il n'était point retombé sur la Lune?

Telingâ hocha la tête.

—En ce moment, répliqua-t-il, le Terrien franchit l'espace à toute vitesse, se dirigeant sur Tihy qu'il paraît vouloir atteindre... mais il en est encore loin et n'y arrivera pas avant que le jour soit venu dorer les hauts sommets du cirque de Wandoung.

—C'est de l'observatoire que vous avez pu constater la marche du véhicule? demanda Gontran.

—À quoi pensez-vous donc, mon cher ami! exclama le vieil Ossipoff... songez donc que voici cinq jours, c'est-à-dire cinq fois vingt-quatre heures que Sharp est parti... or, d'après nos calculs, il fait 75,000 kilomètres à l'heure... il doit donc, en ce moment, se trouver à deux millions trois cent mille lieues de la Lune... vous reconnaîtrez avec moi que nul instrument d'optique, quelle que soit sa puissance, ne peut permettre d'apercevoir, à une semblable distance, un corps d'aussi minime surface que notre wagon.

Gontran courba la tête, convaincu qu'il venait de dire une sottise et regrettant, une fois de plus, d'avoir une langue si prompte.

—Cependant, intervint Fricoulet, il faut bien que Sharp ait été aperçu quelque part, puisque Telingâ l'affirme.