Les membres étaient longs et paraissaient robustes, quoique grêles, et une membrane, semblable à celles des chauves-souris, les réunissait; comme l'expliqua Fricoulet, cette membrane leur servait à la fois d'ailes et de parachute.

Au repos, comme ils étaient en ce moment, cette membrane remplaçait pour eux tout vêtement, semblable à une sorte de toge dans laquelle ils se drapaient, non sans noblesse; l'ingénieur ajouta que certains d'entre eux, ceux appartenant aux hautes sphères intellectuelles, enduisaient cette membrane de couleurs fort artistiques.

—Et vous osiez dire, tout à l'heure, que ces gens-là ne sont pas laids! fit Séléna...

—À votre point de vue, sans doute, sont-ils affreux, répliqua l'ingénieur; mais la beauté n'est pas tout, non seulement en ce monde, mais encore dans l'Univers entier... Or, ce que j'ai vu de leur planète me suffit pour affirmer que ces gens ont atteint un degré de civilisation auquel nous n'arriverons, nous, que dans plusieurs siècles.

Tout en causant, les Terriens étaient rentrés dans l'intérieur de la nacelle et s'acheminaient vers la cabine où Gontran était demeuré sous la garde de Farenheit.

Fricoulet, qui devançait le vieillard et Séléna, allait franchir le seuil, lorsque des éclats de voix, parvenant jusqu'à lui, l'immobilisèrent; de la main il fit signe à ses compagnons de demeurer silencieux et tous les trois prêtèrent l'oreille.

By God! hurlait Farenheit, je vous, dis, moi, que c'est un Américain qui a découvert ces satellites... ou bien M. Ossipoff ne sait pas ce qu'il dit.

—D'accord, répliquait M. de Flammermont... qui songe à contester à Hall le mérite de cette découverte?... je dis seulement que si lui, favorisé par le rapprochement maximum de la Terre et de Mars, a aperçu les deux satellites de cette dernière planète, d'autres, avant lui, les avaient pressentis.

—Allons donc! grogna l'Américain.