—Mais le ciel n'a pas changé! exclama Gontran; ce sont les mêmes étoiles, les mêmes constellations... telles qu'on les voit de l'observatoire de Paris.
Ossipoff se tourna vivement vers lui en ripostant:
—Les mêmes étoiles, peut-être,... mais les mêmes planètes!...
Au ton dont furent prononcés ces quelques mots, le jeune comte pressentit une embûche et, prudemment, fit entendre une petite toux sèche pour attirer l'attention de Fricoulet.
Mais l'ingénieur était bien trop occupé à examiner la manœuvre du ballon, pour songer à son ami; aussi l'embarras de celui-ci devenait-il de plus en plus grand.
Le nez en l'air, les regards fixés sur la voûte étoilée, il pivotait lentement sur ses talons, appelant à son aide tous les dieux dont la mythologie s'est plue à peupler l'immensité sidérale. Mais les dieux dormaient sans doute, car aucune inspiration ne venait à l'infortuné Gontran.
Soudain, derrière lui, une voix, légère comme un souffle, chuchota:
—Là bas,... sur votre droite,... Jupiter,... puis Saturne... et puis, de l'autre côté,... la Terre...
Cependant, étonné de ce silence incompréhensible pour lui, Ossipoff fit entendre un «Eh bien?» rempli de soupçons.
Comme tiré d'un rêve, M. de Flammermont tressaillit; il passa la main sur son front, ramena ses regards vers le vieillard et, d'une voix vibrante: