L'indignation de l'Américain amusa beaucoup les voyageurs qui partirent d'un grand éclat de rire.

Leur hilarité fut couverte par un brouhaha inimaginable qui accueillit l'apparition, sur la colonne qui jouait le rôle de tribune, d'un Martien auquel son vol appesanti et son duvet tout blanc donnaient l'aspect d'un vieillard.

Fricoulet, prévenu par son guide que c'était, en effet, l'un des plus vieux et des plus renommés savants de l'Équateur, s'apprêta à écouter attentivement.

Bientôt, ses compagnons le virent sourire avec pitié.

—Parbleu! murmura-t-il, voilà une idée assez saugrenue et qui, en tout cas, ne doit pas être fort meurtrière... des canons chargés d'air!...

—En effet, riposta Gontran, comme engins de guerre cela me paraît assez platonique.

—Plus platonique, à coup sûr, que de bonnes pièces de vingt-quatre chargées de bons boulets de vingt-quatre kilogs..., grommela Farenheit.

Fricoulet lui posa la main sur le bras.

—Ça, par exemple, non, répondit-il... ce serait encore moins meurtrier que les canons à air dont parle cet individu.