Ces paroles, prononcées par Ossipoff, s'adressaient à Fricoulet.
—Sans nul doute, répondit celui-ci.
Et il transmit immédiatement au Martien la réflexion du vieillard.
Aotahâ désigna l'énorme colonne du haut de laquelle l'inventeur martien avait fait, la veille, l'expérience de son canon à air, et les Terriens remarquèrent, à leur grande stupéfaction, que cette colonne, longue de quatre-vingts mètres et mesurant près de trois mètres de diamètre, n'était autre chose qu'un gigantesque équatorial.
Ossipoff poussa un cri de joie et d'admiration; en un bond, il fut près de l'instrument.
—Que voulez-vous observer avec une semblable lumière? demanda Fricoulet.
—Je veux résoudre l'un des plus intéressants problèmes de l'astronomie moderne, répliqua le vieillard... d'ici, et avec un équatorial aussi puissant, l'on doit pouvoir soulever le voile qui enveloppe les Petites Planètes.
Et se frottant les mains d'un air ravi, il ajouta:
—Hein! Gontran... les petites planètes?...
Le jeune homme chercha le regard de Fricoulet; celui-ci riait sous cape.