Ossipoff hocha la tête.
—Oui, dit-il, je sais que cette opinion a de fervents adeptes; seulement, ce n'est pas la mienne.
—Et pourquoi cela? demanda, avec assurance, l'infortuné Gontran.
—Parce que, pour un seul monde d'une masse égalant à peine le tiers de la masse terrestre, il était absolument inutile d'une zone aussi étendue que celle occupée par les petites planètes.
Et il regardait le jeune comte, épiant la réponse qu'il allait faire pour réfuter cet argument.
Ce fut Fricoulet qui répondit, avant que le vieillard eût pu l'arrêter.
—Ce que vous dites là serait logique si la fragmentation n'avait pas été successive et si Jupiter n'était pas là pour expliquer comment ont pu être disloquées toutes les orbites de ces fragments.
Et voyant Ossipoff frapper du pied avec impatience, il s'empressa d'ajouter:
—Moi, je n'ai aucune idée à ce sujet; je ne fais que vous répéter, mot pour mot, ce que me disait Gontran tout à l'heure...