Sans hésiter, mettant le revolver au poing, il entra dans le trou d'ombre que formait la sphère métallique et se mit à marcher carrément devant lui, mais tout à coup, une détonation retentit dont les échos, frappant les parois de sélénium et renvoyés par elles, comme un volant par des raquettes, se multipliaient, assourdissants, terrifiants.

Gontran n'était point un savant, mais c'était un homme courageux, cette attaque loin de l'arrêter, ne fit que le surexciter et il se mit à courir du côté d'où elle lui semblait être partie. Une seconde détonation éclata et il entendit siffler une balle à son oreille; alors, au hasard, il lâcha l'un sur l'autre les six coups de son revolver et jetant son arme devenue inutile il se précipita en avant. Soudain, dans l'ombre, des bras l'étreignirent, alors, ses doigts rencontrant une gorge, la serrèrent vigoureusement, et son adversaire inconnu chancela, l'entraînant dans sa chute.

—À moi! à moi! cria M. de Flammermont.

En ce moment, Ossipoff arrivait suivi de Fricoulet qui, homme de précaution, s'était muni de baguettes de magnésium.

Il en fit flamber une, et aussitôt, les ténèbres se dissipant, les nouveaux venus aperçurent Gontran formant une masse confuse avec son adversaire sur l'estomac duquel il se tenait accroupi.

—Grand Dieu! s'écria le jeune homme en bondissant en arrière, grand Dieu! c'est Farenheit.

—Farenheit! répétèrent à la fois Ossipoff et Fricoulet, en se penchant, muets de stupeur, sur le corps immobile à leurs pieds.

C'était, en effet, l'Américain, maigre, décharné, desséché pour ainsi dire, dont le magnésium éclairait le masque livide et parcheminé.