—Êtes-vous au moins certain de la route que nous suivons? demanda Farenheit.
—J'ai soumis tous mes calculs à M. de Flammermont, répliqua le vieillard, et il les a reconnus exacts.
L'Américain considéra d'un œil étrange le jeune homme qui gardait un sérieux imperturbable.
—Au surplus, fit le comte, si vous doutez, vous n'avez qu'à consulter la boussole.
M. Ossipoff se redressa et regarda tout surpris M. de Flammermont.
—Allons, bon, pensa celui-ci, j'ai dû dire une bêtise.
Il en fut convaincu en entendant Ossipoff prononcer, d'un ton un peu amer, les paroles suivantes:
—Vous plaisantez, n'est-ce pas... vous savez bien que toutes les indications de la boussole ne se rapportent aucunement au milieu que nous habitons et que, si loin de toute attraction, la boussole ne nous est plus d'aucune utilité.
Gontran, tout confus, se mordait les lèvres; mais, soudain, il eut une inspiration de génie et étendant la main vers les hublots à travers lesquels on apercevait les constellations brillantes qui étincelaient dans l'immensité sidérale:
—Aussi bien, répondit-il d'une voix vibrante, voulais-je parler de ces étoiles qui, toutes, sont autant de boussoles célestes sur lesquelles nous pouvons régler notre marche.