Séléna et Gontran, assis dans un coin, causaient à voix basse.

Fricoulet, une lunette à la main, alla se poster à un hublot vacant, pendant que, pour passer le temps, Farenheit rédigeait un projet d'acte de société entre lui et l'ingénieur, tendant à l'exploitation du fameux moteur.

Les heures s'enfuirent ainsi, rapides pour les voyageurs, et l'Américain s'aperçut tout à coup que le temps avait marché, à sa tête lourde de sommeil et à ses yeux tout gonflés.

By God! grommela-t-il avec un bâillement sonore, est-ce qu'il n'est pas bientôt l'heure de se coucher.

—Pour se coucher, riposta Gontran, il faudrait pouvoir tendre les hamacs et tant que nous serons dans la position verticale...

—Un peu de patience, que diable! dit Fricoulet, nous approchons...

Et il désignait l'espace d'un noir intense que rayaient mille traits de feu.

—Le fameux anneau, n'est-ce pas? lui demanda Gontran tout bas à l'oreille.

—Que veux-tu que ce soit? répondit l'ingénieur sur le même ton.