—Pourquoi vous plutôt que moi? demanda Ossipoff.
—Parce que j'ai besoin d'étudier le moteur, de voir s'il fonctionne avec régularité, de noter sa dépense de forces.
Ce disant, il adressait à Gontran un coup d'œil d'intelligence.
—Je demande à prendre le quart après toi, fit le jeune comte.
—C'est entendu... à toi le numéro deux... le numéro trois sera pour sir Jonathan... Quant à M. Ossipoff, il prendra le quart avec la fin de la nuit.
Sur ce, l'ingénieur se retira dans la machinerie, tandis que Gontran et Farenheit, après avoir souhaité une bonne nuit à Ossipoff et à sa fille, regagnaient leur hamac respectif.
L'Américain n'eut pas plutôt la tête sur l'oreiller qu'il s'endormit profondément comme le témoigna un ronflement sonore et semblable à un soufflet de forge.
Fut-ce ce ronflement, fut-ce pas plutôt l'inquiétude qui empêcha le jeune comte d'imiter son compagnon; toujours est-il qu'il ne put fermer l'œil.
À la fin, lassé de se tourner sur son matelas comme une carpe dans une poêle à frire, furieux de voir le sommeil le fuir obstinément, M. de Flammermont se leva doucement et, sans bruit, se dirigea vers la machinerie.