À peine avait-il prononcé ces paroles que Fricoulet le regretta; mais il était trop tard.
Sans répondre à la question du vieillard, l'ingénieur s'écria:
—Alors, vous nous emmenez sur Jupiter?
—Assurément... et de là sur Saturne,... sur Uranus,... sur Neptune.
—C'est de la folie,... il nous faudra des années pour parvenir jusqu'aux dernières planètes du système solaire?
—Des années!... pourquoi cela?—nous franchissons 85,000 mètres par seconde, soit 76,620 lieues à l'heure, ou 1,850,000 lieues par 24 heures... Allez, dans deux mois, nous serons sur Jupiter et, avant cinq mois, nous atteindrons Saturne.
Comme il achevait ces mots, Farenheit apparut sur le seuil de la machinerie, il était tout pâle et ses joues tremblaient de colère.
—Monsieur Ossipoff, dit-il d'une voix où l'on devinait une colère difficilement contenue, j'aime à croire que ce que je viens d'entendre n'est qu'une plaisanterie.
—Une plaisanterie!... et pourquoi cela?
—Parce que je me moque de Saturne et de Jupiter autant qu'un poisson d'une pomme... s'écria-t-il;... parce que j'entends rejoindre au plus tôt la cinquième avenue... et que vos planètes du diable n'en sont nullement le chemin.