Tout d'abord, la lumière perpétuelle au milieu de laquelle ils naviguaient avait fort incommodé les voyageurs et bouleversé toutes leurs habitudes.

Mais Fricoulet, qui s'était accaparé le chronomètre de Farenheit, s'était chargé de régler le temps à sa façon: toutes les douze heures, il fermait les hublots par lesquels pénétrait la lumière extérieure, allumait les lampes et effaçait un jour sur le vieux calendrier contenu dans son portefeuille.

De la sorte, les Terriens avaient une notion exacte du temps et pouvaient régler leurs occupations.

Sa main droite brandissait l'oculaire d'une lunette, tandis que sa main gauche...

Un matin, comme l'ingénieur prenait le quart, pour remplacer Gontran qui venait de s'étendre sur son hamac, la porte du réduit dans lequel Ossipoff s'était enfermé avec ses papiers et ses instruments, s'ouvrit brusquement et le vieillard apparut sur le seuil; sa main droite brandissait l'oculaire d'une lunette, tandis que sa main gauche serrait fièvreusement un micromètre.

—Eh! parbleu, mon cher monsieur, s'écria Fricoulet, auriez-vous, par hasard, découvert un astre nouveau, que vous voilà si joyeux?

Le visage du vieillard était, en effet, radieux, et ses yeux brillaient d'un éclat singulier.

—Nous pénétrons dans la zone des petites planètes, répondit-il d'une voix un peu étranglée par l'émotion.