Les hamacs furent dressés côte à côte, par les soins de Fricoulet et de Gontran, et chaque voyageur, s'étendant sur le sien, attendit, immobile et silencieux, que le choc d'atterrissage se produisit.

—Monsieur Ossipoff, dit tout à coup Fricoulet, combien de temps doit durer la chute, d'après vous?

—Une vingtaine de minutes.

—Savez-vous bien que voici une demi-heure que nous avons pénétré dans l'atmosphère de Jupiter...

—En êtes-vous certain? fit brusquement le vieux savant.

—Je n'ai pas quitté de l'œil mon chronomètre... voici dix minutes que nous devrions être arrivés.

—Ou volatilisés, murmura Séléna.

—Mais, fit observer Gontran, je crois que nous en prenons le chemin, de la volatilisation;... il fait ici une chaleur étouffante, je parie que le thermomètre marque au moins 60 degrés...

—Et même moins, répéta Fricoulet.

—Cela me rappelle la température que nous avons subie aux abords du Soleil, dit à son tour Séléna.