L'ingénieur se permit de ricaner.

—En vérité, dit-il... et pourriez-vous me citer le nom de l'astronome à qui est due cette trouvaille?

—Mais, intervint timidement Gontran, n'est-ce point l'avis de l'auteur des Continents célestes?

—Précisément, répliqua le vieillard; c'est à votre célèbre homonyme que je faisais allusion.

—Pardon, pardon... fit l'ingénieur, l'auteur des Continents célestes n'est point aussi affirmatif que vous le prétendez... et, quoique vous en puissiez dire, je demeure convaincu que je suis le premier à avoir aperçu, de visu, cette phosphorescence.

—Parbleu! bougonna le vieillard, si mon télescope eût été dirigé de ce côté, je l'eusse aperçue tout comme vous.

—D'accord... aussi, je n'en tire pas autrement de vanité, mais seulement cette conséquence que la chaleur qui règne à la surface de Saturne est tout simplement due à l'anneau qui, exposé pendant quinze années consécutives à la chaleur solaire, doit, alors même que ses particules constitutives tourneraient sur elles-mêmes, s'échauffer sensiblement et renvoyer, sur la planète voisine, une partie de cette chaleur emmagasinée.

—Possible,... possible... bougonna le vieux savant;... du reste, à quoi bon pronostiquer, nous le verrons bien quand nous y serons.

Et sur ces mots, prononcés d'une voix rageuse, il quitta la machinerie.