—Peut-être, objecta Gontran, sont-ce les premiers observateurs qui se sont trompés.

Ossipoff sursauta.

—Pourquoi supposer cela, fit-il, alors que tous les observateurs constatent dans le système saturnien des changements surprenants... Ne vous rappelez-vous plus cette analyse faite en 1852 par M. O. Strune, d'après laquelle le bord intérieur des anneaux paraît s'approcher peu à peu de la planète, tandis que leur largeur totale s'accroît...

—Dites donc, monsieur Ossipoff, s'écria Gontran, il n'y aurait rien d'impossible à ce que nous assistassions, un de ses jours, à la dislocation des anneaux et à leur chute sur la planète.

Le vieillard fit la moue.

—Un de ces jours!... comme vous y allez!...

—C'est une façon de parler... il est certain qu'un semblable spectacle ne pourra avoir pour spectateurs que nos arrière-petits-neveux.

—En admettant que notre mondicule existe encore à cette époque, grommela Ossipoff, avec le pessimisme qui lui était habituel. Puis, changeant de ton:

—Mais pour en revenir à notre point de départ, dit-il, vous supposez que ces anneaux sont gazeux.

—Je suppose... oui,... c'est-à-dire qu'il me semblait, à cause de la transparence de ce dernier...