Et l'admiration de M. de Flammermont était si profonde qu'il en oubliait et l'Éclair et la mission qui lui était confiée.
Subitement, et sans qu'il s'en aperçût, le ciel s'obscurcit, ou plutôt prit une apparence laiteuse qu'il n'avait pas eu jusqu'alors, une pluie de feu zébra l'atmosphère saturnienne, en même temps que le courant cosmique parut avoir doublé de compacité.
Le soleil avait encore diminué d'éclat et ses rayons ne donnaient plus qu'une faible lueur que combattait l'irradiation de la planète elle-même.
Mais, tout à son étude des satellites saturniens, Gontran ne remarquait aucun de ces changements surprenants. Autrement, en dépit de son ignorance, il eût eu le pressentiment que quelque chose d'anormal venait de se passer.
—Déjà, fit-il, en entendant entrer dans la machinerie Fricoulet qui venait le remplacer.
—C'est donc bien intéressant? demanda l'ingénieur.
—Tu vas en juger toi-même, répondit le jeune comte, en abandonnant à regret son télescope.
—Et rien de nouveau? fit Fricoulet, qui s'approcha pour appliquer son œil à l'oculaire.
—Absolument rien.
Il achevait à peine cette réponse que l'ingénieur, jetant une exclamation stupéfaite, bondit en arrière: