Cette porte était celle de la cabine dans laquelle était enfermé Jonathan Farenheit.
[CHAPITRE XII]
UN ABORDAGE DANS L'ESPACE
epuis plus d'un mois, c'est-à-dire depuis sa tentative folle et criminelle pour faire sauter l'Éclair et ceux qu'il portait, l'Américain vivait enfermé dans une cabine de l'arrière, où ses compagnons lui portaient régulièrement la dose de liquide nutritif indispensable à sa misérable existence. Misérable, en effet, que la vie de cet homme, encagé ainsi qu'une bête fauve, respirant à peine, et condamné à ne revoir jamais, avant sa mort, la lumière du Soleil et l'espace étoilé.
En souffrait-il? C'était peu probable.
Il était tombé dans un état physique quasi-comateux, et il semblait que son intelligence eût sombré dans un anéantissement complet, où ne survivraient que les seuls instincts de la brute.
La plupart du temps, il demeurait accroupi dans un coin—le plus sombre de sa cellule,—il y demeurait des journées entières sans faire un mouvement, comme s'il était mort.