Cela fait, rien ne lui fut plus facile que de calculer la durée de leur révolution autour de la planète, et voici les résultats qu'il obtint en jours terrestres de vingt-quatre heures:
| Ariel | 2 | jours | 12 | heures | 29 | min. | 21 | secondes. |
| Umbriel | 4 | 3 | 28 | 7 | ||||
| Titania | 8 | 16 | 56 | 26 | ||||
| Obéron | 13 | 11 | 6 | 55 |
Un des côtés nouveaux et surtout intéressants que présenta cette étude fut la dimension de ces satellites.
Si Sharp, de l'observatoire de Poulkowa, avait éprouvé de réelles difficultés à saisir, dans le champ de sa lunette, la planète elle-même, à plus forte raison lui avait-il été, pour ainsi dire impossible, d'avoir la perception exacte des quatre points mathématiques que représentaient ces satellites.
Ce n'avait été qu'après des mois entiers d'observation patiente, acharnée, entêtée, qu'il avait pu parvenir à établir les données précédentes contrôlées à coup sûr, de son fragment cométaire.
Une folie l'avait prise ensuite; augmenter ces données de la dimension et du poids des satellites uraniens.
Mais à cette tâche insensée, il avait perdu son temps et usé ses yeux vainement.
Rapproché comme il l'était du système uranien, cette besogne ne devenait plus qu'un jeu d'enfant et il lui fallut dix minutes à peine pour reconnaître à Ariel un diamètre de 500 kilomètres; quant au dernier, qui lui parut être aussi le plus gros, il sous-tendait un arc de 1,200 kilomètres: sans être de dimensions phénoménales, ces quatre globes l'emportaient donc encore sur un grand nombre de petites planètes gravitant entre Mars et Jupiter.
Était-ce grâce à sa grosseur ou grâce à sa construction spéciale, Obéron lui parut présenter une topographie particulière, parsemée, de ci, de là, de points lumineux dont il s'efforça de reconnaître la nature.