Un choc avait eu lieu, cela était indéniable; comment avait-il pu se produire sans laisser aucune trace?

Depuis le temps qu'il vivait sur cette minuscule épave, il l'avait assez parcourue pour en connaître tous les coins et recoins, et si un changement, quelque petit fût-il, s'était produit à sa surface, il s'en serait aussitôt aperçu.

Mais, rien,... rien,... absolument rien.

Et il arpentait rageusement son étroit laboratoire, tournant et retournant sur lui-même, comme il tournait et retournait dans son esprit cette question:

Comment cela se peut-il faire?

Soudain, il s'arrêta net dans sa course, poussa une sourde exclamation, se frappa le front et s'écria:

—Eurêka!

Il venait de se rappeler ce principe de physique d'après lequel l'arrêt instantané du mouvement engendre la chaleur.

Il courut à sa table de travail et inscrivit, sur son carnet de notes, ces lignes tracées d'une main fébrile:

«Aujourd'hui, 5 février du calendrier terrestre: réveillé par forte secousse résultant d'un abordage contre l'un des corpuscules du courant astéroïdal.—Recherches sur épave complètement inutiles.—Présume que le bolide rencontré a pénétré assez profondément dans le fragment qui me porte pour que l'écorce cométaire, vitrifiée par la chaleur, se soit refermée sur lui ainsi que le vernis qui enduit les aérolithes.»