Revenu à lui, son premier mouvement fut de courir au hublot pour constater les désastres occasionnés par ce tamponnement formidable.
Rien ne lui parut changé.
Il consulta ses instruments: l'épave cométaire poursuivait invariablement sa route vers l'orbite terrestre: elle n'avait pas dévié d'une ligne.
Cela parut prodigieux à Fédor Sharp, qui se frotta énergiquement les yeux pour se bien convaincre qu'il n'avait pas rêvé.
Son fauteuil renversé, sa table bousculée, la bibliothèque sens dessus dessous étaient là pour lui prouver qu'il n'était pas le jouet d'une hallucination.
Certainement, un choc s'était produit, et peut-être, en parcourant le fragment cométaire, en aurait-il une preuve évidente.
C'est alors que, bien qu'il fît nuit encore, il avait endossé son respirole et était parti en toute hâte à la découverte.
Nous avons vu, dans le chapitre précédent, quel avait été le résultat absolument négatif de ses recherches, et comment, presque asphyxié, Fédor Sharp avait pu, à grand'peine, regagner son habitation métallique.
Quand il eut repris ses sens, l'ex-secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences tomba en une méditation profonde, absorbé par ce problème insoluble tout d'abord: