—D'accord; mais, dans les sept heures dont je parle, je compte le temps nécessaire à la recherche et à l'étude d'Hypérion.

À ce nom, Gontran ouvrit de grands yeux, et, malgré lui, il allait pousser une exclamation étonnée, lorsqu'une voix lui chuchota doucement à l'oreille:

—C'est la dernière planète du système solaire.

La dernière planète du système solaire!

En entendant ces mots, Gontran fut sur le point de se récrier; de ses lectures rapides et distraites des Continents célestes, il avait retenu que les limites du système solaire étaient tracées par l'orbite de Neptune, et voilà que, maintenant, on lui parlait d'Hypérion!

Mais, en vérité, il s'agissait bien d'astronomie!

Foin d'Hypérion et du reste!

Dans douze jours, il allait revoir la Terre, dans douze jours il ferait afficher, à la mairie du VIIIe arrondissement, la publication des bans, et, deux semaines plus tard...

Et cette perspective si proche d'un bonheur qui, depuis si longtemps, s'évanouissait au moment où il croyait le toucher du doigt, chassait, loin de son esprit, tous les découragements, tous les déboires, tous les dépits, toutes les amertumes dont sa vie avait été pleine depuis quelques mois.

Il ne songeait plus qu'à une seule chose: c'est que ces éternelles fiançailles allaient prendre fin, c'est que le jour du mariage était proche, c'est qu'il aimait Séléna plus que jamais, et que Séléna allait enfin devenir sa femme. Il s'était retourné, avait saisi entre les siennes les mains de la jeune fille, et, l'enveloppant d'un regard plein de tendresse: