—Il me semble, dit-il, que cette discussion est tout à fait platonique.
—Parce que? interrogea Fricoulet.
—Parce que le fleuve corpusculaire dont nous descendons le courant ne va pas au delà de la sphère d'Uranus.
—Mais, puisque M. Fricoulet prétend qu'en imprimant au véhicule une vitesse spéciale, on pourra se passer du fleuve d'astéroïdes et trouver un point d'appui dans le vide, rien ne nous empêche de dépasser l'orbite de Neptune et de chercher à percer le voile mystérieux qui enveloppe la planète transneptunienne.
Et, d'une voix vibrante:
—Songez, mon fils, quelle gloire serait la nôtre si nous parvenions à résoudre ce grand problème scientifique,... à répondre à ce point d'interrogation énorme qui se dresse devant tous les astronomes terrestres!
—Je ne dis pas non,... je ne dis pas non,... balbutia M. de Flammermont d'un ton qui laissait supposer combien peu il partageait l'enthousiasme du vieux savant.
Celui-ci continua:
—Et par delà Hypérion, ne sentez-vous pas l'infini qui vous attire? ne désirez-vous pas?...