—Oseriez-vous prétendre que Neptune soit le point extrême du système solaire?

—Je ne prétends rien, s'empressa de répliquer Fricoulet, je suis ingénieur, moi, et non astronome;... seulement j'avais entendu dire que Neptune était la dernière planète qu'il avait été donné à l'homme d'apercevoir.

—Alors, à quoi attribuez-vous les perturbations remarquées dans la marche de Neptune, si ce n'est à la présence d'un autre monde, invisible pour nous, qui retarde ou avance la course de la planète suivant qu'il est en avant ou en arrière et que son attraction s'exerce d'un côté ou de l'autre?

—Je vous répète, répondit encore l'ingénieur, que je ne puis entamer une discussion à ce sujet; seulement je vous serais très obligé de me dire sur quel point du ciel vous vous dirigerez pour la trouver... cette fameuse planète transneptunienne.

Le vieillard hésita avant de répondre.

—La vérité, dit-il après quelques secondes de silence, c'est que, jusqu'à présent, on n'a, sur Hypérion, que des données très vagues.

L'ingénieur dissimula un sourire moqueur.

—Cela étant, au moment où il s'agira de mettre le cap sur Hypérion, je vous confierai la barre et vous dirigerez l'Éclair où bon vous semblera;... on ne peut pas mieux faire.

Ossipoff ne répondit pas, mais fixa sur l'ingénieur un regard furieux.

M. de Flammermont qui, jusque-là, était demeuré silencieux, prit la parole: