Ces mots avaient été prononcés par Ossipoff, qui avait quitté sa cabine, attiré par la discussion des deux jeunes gens.
—Oui, déclara Gontran, poursuivant toujours son idée, ce Bouvard était un grand homme, et je m'étonne que les astronomes lui aient fait l'injustice flagrante d'attribuer à Leverrier la gloire qui lui revenait.
Ossipoff releva ses lunettes sur son front, geste qui, chez lui, était l'indice d'une grande surprise.
—Un grand homme,... fit-il, pour avoir déduit, des irrégularités d'Uranus, que Neptune devait exister! Peuh!
—Mais, répliqua Gontran, ces irrégularités pouvaient parfaitement provenir d'une autre cause que de Neptune.
Le vieux savant secoua la tête.
—Impossible, déclara-t-il.
—Parce que?
—Vous oubliez la loi de Titius, mon cher ami.