Mais, avec celui-là non plus, il n'était guère commode d'avoir une conversation secrète: il ne lâchait pas d'une semelle Mlle Ossipoff et, sitôt qu'il s'éloignait un peu, tout de suite elle accourait lui prendre le bras pour continuer le duo interrompu, toujours le même et toujours plein de charme pour eux.
Un soir, cependant, que Séléna appelée brusquement par M. Ossipoff avait quitté Gontran, l'Américain, aux aguets, tomba sur sa proie.
—Monsieur de Flammermont, dit-il à voix basse, j'aurais quelques mots à vous dire.
Surpris du ton tragique de Farenheit, le jeune homme s'écria:
—Eh! parlez, mon cher sir Jonathan, de quoi s'agit-il?
—Pas si haut, je vous prie, monsieur de Flammermont, fit l'autre en posant la main sur le bras du jeune comte, et tirons à l'écart, s'il vous plaît; nul ne doit entendre ce que j'ai à vous confier.
—Savez-vous que vous m'inquiétez véritablement, répliqua Gontran en suivant cependant, avec docilité, son compagnon.
Celui-ci enfin, s'arrêta et, plantant ses regards dans ceux du jeune homme, il demanda, de ce même ton tragique que prit don Diégue à demander à Rodrigue s'il avait du cœur: