—Monsieur Ossipoff, dit alors l'ingénieur, nous avons encore un quart d'heure à rester ici,... le départ est pour midi précis...
Depuis quelque temps l'espace était rayé en tous sens de longues traînées de Martiens qui, prévenus du départ des étranges voyageurs, accouraient de tous les points de la région de l'Équateur.
Déjà, la grande salle de l'Observatoire était pleine de notabilités scientifiques réunies en congrès et, au dehors, on entendait le bruissement d'ailes de la foule qui s'impatientait.
À un signal d'Aotahâ, la coupole de l'Observatoire se sépara en deux et se rabattit de chaque côté, formant ainsi une large baie par laquelle l'Éclair pût prendre son essor.
—Midi moins cinq, monsieur Fricoulet, dit Farenheit qui avait conservé son chronomètre à la main.
—Mes amis, dit l'ingénieur en se tournant vers ses compagnons, il est temps d'embarquer.
L'appareil avait été dressé verticalement, son extrémité conique pointée vers le ciel, en sorte que c'étaient les cloisons séparant les cabines qui servaient de plancher.
—Y sommes-nous? demanda Fricoulet après avoir jeté autour de lui un regard rapide pour s'assurer que tout était paré.
—All right! répondit Farenheit d'une voix vibrante.
Et il ajouta, sans songer à Ossipoff qui pouvait l'entendre.