Il eut la sensation de vivre les derniers siècles de l'humanité terrestre (p. 224).
Cette fois, les prétentions de Farenheit dépassaient par trop les limites et l'ingénieur se mit à pousser de véritables cris.
—Fou!... vous êtes fou!... où voulez-vous que je prenne les éléments nécessaires pour baser une semblable estimation?... Ai-je le poids, la masse, la superficie de cette nébuleuse?... Je sais bien que, d'après Helmholtz et Tyndall, en supposant que la chaleur spécifique de la masse condensante ait été celle de l'eau, la chaleur ou la condensation aurait suffi à produire une température de plus de 28 millions de degrés centigrades... mais encore... et puis, non, ce n'est pas cela... vous m'embrouillez avec vos questions abracadabrantes!
Farenheit était tout penaud.
—Croyez, cher monsieur Fricoulet, balbutia-t-il, que je regrette infiniment...
—Et puis, ajouta l'ingénieur, de quel intérêt pourrait-il être pour vos auditeurs de connaître la date d'un phénomène qui ne se produira que dans un ou deux millions de siècles! il y a longtemps qu'à cette époque la Terre aura été rejoindre les vieilles lunes... ou, du moins, que de la rencontre de la Terre avec quelque autre monde, sera née une nouvelle nébuleuse!
Instinctivement, le visage de Farenheit s'apeura.
—By god!... s'exclama-t-il.
L'ingénieur haussa les épaules.