Soudain, sans qu'il pût se rendre compte du pourquoi, il se produisit dans l'espace comme un ouragan, une sorte de tornade aérienne dans laquelle se trouvèrent entraînés tous les débris terrestres et solaires, peu à peu attirés vers un centre invisible qui, brusquement, se transforma en un foyer incandescent.

Une nébuleuse nouvelle venait de naître, d'où devaient sortir les futurs systèmes solaires.

En ce moment, Ossipoff s'éveilla: il était trempé de sueur et tous ses membres étaient courbaturés comme s'il eût été roué de coups.

Les yeux grands ouverts, il vit, réunis autour de son hamac, Séléna, Gontran, Fricoulet et Farenheit, qui le regardaient avec anxiété.

Il voulut se redresser sur un coude pour les mieux voir; mais aussitôt les mains de Séléna et de Gontran, appuyées doucement sur ses épaules, l'immobilisèrent.

Il voulut parler, mais, immédiatement, Fricoulet posa son doigt sur ses lèvres, pour lui recommander le silence; en même temps, le vieillard sentait un linge glacé lui envelopper le front.

—Cela va lui reprendre, entendit-il murmurer par Farenheit.

—Je ne pense pas, répondit l'ingénieur; regardez, l'œil est plus net, la pupille n'est plus dilatée, la respiration est moins oppressée...

—Croyez-vous, monsieur Fricoulet? demanda Séléna les mains jointes et attachant sur l'ingénieur des regards inquiets.

Celui-ci haussa les épaules, et, prenant entre ses doigts le poignet du vieillard, répondit: