—Est-ce que vraiment il n'y a plus d'espoir? interrogea Farenheit.

D'un geste de la tête, l'ingénieur fit signe à ses deux compagnons de le suivre et descendit dans la machinerie...

—Vous voulez savoir la vérité, n'est-ce pas, fit-il; d'ailleurs, vous êtes des hommes et je ne vois pas pourquoi vous montreriez moins de stoïcisme que cette jeune fille... Eh bien! oui, nous sommes perdus...

Les deux autres demeurèrent silencieux, comme atterrés par cette déclaration.

—Bast! s'exclama alors Fricoulet, dont le caractère insouciant reprit le dessus, nous sommes perdus... en ce moment: rien ne prouve que, tout à l'heure, nous ne serons pas sauvés!... Ce ne serait d'ailleurs pas la première fois que semblable surprise nous arriverait... C'est si étrange, les phénomènes naturels, qu'on ne sait jamais...

—C'est vrai, balbutia Farenheit qui se reprenait à espérer...

—D'ailleurs, poursuivit l'ingénieur, avec un haussement d'épaules plein de philosophie, mourir pour mourir,—car il faut toujours en arriver là, pas vrai,—mieux vaut être rôtis, ou pour mieux dire volatilisés, que de souffrir les affres de la soif et de la faim...

—Vous êtes charmant, bougonna l'Américain, la question n'est pas là et nous n'étions pas dans cette alternative...

—Je vous demande bien pardon: dans huit jours, nous n'aurions plus eu ni une goutte de liquide nutritif, ni une molécule d'air comprimé... donc, nous étions condamnés à mourir et d'inanition et d'asphyxie... deux chances pour une de n'en pas revenir...

—Mais, dans huit jours, nous aurions pu être de retour chez nous! insinua Gontran...