[CHAPITRE XII]
OÙ TOUT LE MONDE EST CONTENT, SAUF JONATHAN FARENHEIT
ar train spécial, un véritable régiment de docteurs, mandés télégraphiquement, était arrivé de Rio, durant la nuit et, sans prendre aucun repos, ils avaient décidé de procéder immédiatement à l'examen des «sujets».
Quatre par quatre, ils avaient défilé dans la grande salle de la Posada, transformée en dortoir, et où, sur un bon lit, chacun des voyageurs était étendu, sans mouvement, sans souffle apparent.
Pendant une demi-heure, les docteurs examinaient, palpaient, auscultaient les «sujets»; puis, hochant gravement la tête, les lèvres muettes par crainte de dire une bêtise, ils sortaient, cédant la place à quatre suivants qui faisaient comme les précédents, qu'ils allaient retrouver dans une pièce voisine.
L'aurore se levait lorsque, le défilé ayant pris fin, le corps médical de Rio, presque tout entier, se trouva réuni: cela formait une assemblée fort nombreuse et d'aspect imposant.
On chuchotait à voix basse, dans les coins, par petits comités, chacun tentant, avant de donner son opinion, de connaître celle des autres, de peur de commettre une «gaffe» par trop énorme; mais personne ne se décidait à prendre la parole, par crainte de se compromettre.