—Ah! se mit à rire Fricoulet, vous n'avez rien à craindre, mademoiselle, et vous, mes chers amis, vous pouvez bien vous donner la main... car votre altercation n'a eu lieu qu'en rêve.
—En rêve! s'exclamèrent-ils tous à la fois...
—Assurément, puisque c'est en rêve que nous avons accompli notre voyage sidéral...
Ce fut un ébahissement.
—Voyons... fit l'ingénieur, rappelez-vous ce qui s'est passé au moment où nous passions à proximité de Saturne; on avait agité la question de savoir si on continuerait le voyage, afin de profiter du courant astéroïdal qui nous emportait... ou bien si on courrait la chance d'aborder sur la planète, quitte à revenir ensuite comme on pourrait...
—Parfaitement, déclara Farenheit, je me rappelle d'autant plus ces détails qu'à ce moment vous m'aviez enfermé dans ma cabine, et que je passais mon temps, l'oreille collée à la porte, pour écouter ce qui se disait.
—C'est alors, poursuivit Fricoulet, que monsieur Ossipoff découvrit dans la constellation de Cassiopée un astre nouveau, que Gontran déclara, après de sérieuses observations, être un bolide, et même il précisa en ajoutant que le point brillant signalé par monsieur Ossipoff, comme une montagne de neige, n'était autre que le véhicule servant d'habitation à Sharp...
Un peu humilié, le vieux savant grommela:
—Errare humanum est...