—Tiens, lis, dit Fricoulet en lui tendant son journal qui consacrait un entrefilet entier aux excursions à prix réduit organisées par la fameuse Agence, aujourd'hui connue du monde entier, pour permettre aux curieux de l'ancien Continent de venir voir ce monstrueux bolide dont l'univers s'occupait.

—Nous voici passés à l'état de bêtes curieuses! s'écria le jeune comte.

Et à l'hôtelier:

—Qu'ils aillent contempler le bolide... cela, tant qu'ils voudront, mais qu'ils nous fichent la paix...

En ce moment, Fricoulet partit d'un immense éclat de rire et étendit la main vers la fenêtre derrière laquelle s'apercevait une masse de têtes, coiffées de la manière la plus étrange et la plus diverse, dont les visages, aux yeux ronds, aux bouches grandes ouvertes, exprimaient la plus ardente curiosité et la plus extrême surprise.

—Ces messieurs prennent un à-compte, ricana l'ingénieur, mais, pour le moment, c'est tout ce que nous pouvons leur permettre... Qu'ils aillent contempler le bolide... Cela leur fera prendre patience...

—Malheureusement, répondit l'hôtelier, cette consolation ne leur est même pas permise... car le gouvernement a été obligé de mettre autour du champ où le chariot a versé, une double ligne de sentinelles,... les touristes ne s'étaient-ils pas imaginé de vouloir emporter, chacun, un fragment du bolide, à titre de souvenir...

Fricoulet eut un plaisant mouvement de frayeur.

—Fichtre! monsieur l'hôtelier, fit-il, fermez bien les portes et les fenêtres! ces messieurs seraient capables de nous couper en petits morceaux pour emporter aussi un souvenir des fameux voyageurs.

Puis, désignant la porte au bonhomme: