Elle avait bien vu, durant que Fricoulet expliquait aussi simplement leur présence sur la Terre, la transformation inquiétante qui s'était faite chez le vieillard et ce n'était pas tant la pâleur soudaine qui avait envahi ses traits dont elle avait été frappée, que de l'expression de tristesse, de découragement, d'anéantissement, qu'avaient soudainement pris les regards du vieillard.
Et elle s'était dit que, si elle ne trouvait pas un moyen d'arracher—bon gré, mal gré—son père à l'état comateux dans lequel il était plongé, son cerveau était capable de sombrer dans cet accès de désespoir: c'est alors que l'idée de cette supercherie lui était venue à l'esprit et qu'elle avait employé toute son éloquence à la faire admettre par Ossipoff.
Docile comme un enfant, celui-ci s'était rendu aux arguments invoqués par sa fille; seulement il murmura:
—À quel monde céleste peut appartenir ce bolide?
Enchantée de le voir se rendre à ses raisons, la jeune fille s'exclama:
—Qu'à cela ne tienne: c'est là un détail de peu d'importance et que nous allons trancher sans tarder...
Elle se retourna vers M. de Flammermont qui causait avec Fricoulet.
—Gontran!... appella-t-elle.
Mais aussitôt, se rappelant le rôle que jouait le jeune homme, elle rectifia: