—On dirait la voix de Farenheit! fit Gontran en s'élançant vers la fenêtre.
Et Fricoulet l'eut à peine rejoint, qu'entra dans la cour un groupe d'agents de police au milieu desquels Jonathan Farenheit criait et gesticulait, brandissant avec fureur un tronçon de la queue de billard qu'il avait, on s'en souvient, prise à son départ, pour lui servir de canne.
Les deux jeunes gens sortirent en courant de la salle et se précipitèrent dans la cour, où s'entassait une partie des habitants du village qui servaient d'escorte aux agents...
—Farenheit!... s'écria Fricoulet en allant au-devant de l'Américain.
Mais il s'arrêta à quelques pas, glacé par le regard étrange que son compagnon de voyage attachait sur lui.
—Ah! le malheureux! fit-il en reculant d'un pas.
Et à Gontran qui l'interrogeait, il répondit laconiquement:
—Fou!...
L'Américain n'avait pas reconnu son nom, quand il avait été prononcé; même ses regards, bien que fixés sur les deux jeunes gens, ne les reconnaissaient pas, ne paraissaient pas les avoir vus; mais, tout à coup, comme si seulement, alors, il les eût aperçus, voilà qu'il entra dans une colère épouvantable et que, son bâton à la main, il se jeta sur eux...
—Bandits!... voleurs!... hurla-t-il, en se débattant aux mains des agents qui l'avaient saisi aussitôt... on ira vous décrocher des étoiles, et des soleils, et des planètes, et des nébuleuses... pour que vous les preniez...