—Mon père!

—Écoute, veux-tu rester? Je renoncerai pour toi à toutes mes ambitions. On sait ce que tu vaux, maintenant, et aux élections prochaines personne n'osera te tenir tête. Tu seras le maître du pays. Nous dominerons, Pascal!... Comprends-tu ce que je suis disposé à faire pour ton avenir? Si tu veux... Eh bien! nous ferons comprendre à ces ingrats ce que pèse un homme tel que toi. Allons, donne-moi la main, de bon gré, cette fois?

Le jeune homme agita tristement la tête.

—Je vous remercie, mon père, mais ma résolution est prise, et je ne la changerai pas. Il sera bon, pour moi, de me dépayser pendant quelque temps.

—Ainsi, tu ne veux rien accepter de moi?

Pascal regarda fixement son père.

—M'accorderez-vous ce que je vous demanderai?

Le front de Carvajan se creusa; cependant il répondit:

—Demande.

—Eh bien! à mon œuvre il manque un couronnement... J'ai fait acquitter Robert de Clairefont, je l'ai arraché des mains de la justice. Mais je n'ai pas lavé complètement la tache qui salit son honneur. Je n'ai pas désigné le vrai coupable. Mon père, aidez-moi à obtenir ce dernier avantage, et j'efface de ma pensée bien des mauvais souvenirs.