Le peintre pâlit un peu.

—Tu me renvoies?

—Oui, je te renvoie.

Il resta un instant silencieux, comme s'il hésitait à exprimer jusqu'au bout sa pensée. Puis, presque bas, avec la crainte de la réponse méchante qu'il prévoyait:

—Est-ce que tu en aimes un autre?

—Qu'est-ce que ça peut te faire? Je ne t'aime plus, voilà ce qui est important pour toi....

Une rougeur monta au visage du jeune homme, et ses mains tremblèrent. Il mordit sa moustache, et affectant une souriante indifférence:

—Au moins suis-je bien remplacé? On a son amour-propre...!

—Rassure-toi, interrompit Clémence avec aigreur. Je ne perdrai pas au change. Il est jeune, il est riche, il est beau.... Et, depuis longtemps, il m'occupe.... Du reste, tu le connais, c'est un de tes amis....

Et, comme le peintre, stupéfait par tant d'audace, se demandait s'il veillait ou s'il rêvait, la jeune femme poursuivit, distillant chaque parole, avec une atroce cruauté, ainsi qu'un mortel poison: