—Allons! bonne nuit. Je viendrai vous chercher... c'est mon chemin...
—Non! non! Épargnez-vous cette peine, dit vivement Jacques, nous nous retrouverons à la gare.
—Soit. Alors une heure avant le départ du train. Nous déjeunerons ensemble au buffet.
Ils se séparèrent. Le fiacre s'éloigna dans la direction de Deauville, et le docteur, franchissant l'étroit passage, sauta sur le pont du navire. Vers neuf heures, Davidoff fut réveillé par une main qui se posait sur son épaule. Il ouvrit les yeux: le comte Woreseff était devant lui. Par le hublot de la cabine, le ciel bleu apparaissait et les rayons du soleil, que reflétait l'eau mouvante, jouaient capricieusement sur les cloisons d'érable.
—Vous dormez bien, ce matin, mon cher, dit le grand seigneur russe en souriant, c'est la seconde fois que j'entre chez vous, sans que vous vous décidiez à bouger.
—Qu'y a-t-il? mon cher comte. Quelqu'un est-il malade à bord?
—Heureusement non, J'ai tout simplement voulu savoir quels étaient vos projets pour aujourd'hui, avant de donner les ordres... J'ai envie d'aller à Cherbourg... Cela vous plait-il?
—Excusez-moi, cher comte, dit le docteur, mais j'ai le dessein de partir et de passer quelques jours à Paris, si vous n'y voyez pas d'inconvénient.
—Vous êtes libre... Mais jugez comme j'ai bien fait de vous consulter, dit Woreseff gaiement; qu'auriez-vous dit si vous vous étiez réveillé en mer?