—Il vous en informera lui-même, je n'en doute pas.

Il fit deux pas vers la porte avec une tranquille assurance. Étiennette, au hasard, lui décocha son plus irrésistible sourire et lui coula une de ces œillades auxquelles peu d'hommes avaient su résister. Il eut une moue dédaigneuse, la regarda par dessus son épaule, et saluant d'un signe de tête, comme au début, il dit:

—Mademoiselle, votre serviteur.

Et il s'en alla, sans se retourner, comme s'il sortait d'un endroit public. Derrière lui, Étiennette eut un brusque mouvement de rage; elle donna un violent coup de pied à un pouf et, avec toute sa canaillerie naturelle librement épanchée:

—Ah! vieux monstre! Ah! sac à millions! Je t'apprendrai à venir m'insolenter chez moi! J'épouserai ton fils pour que tu saches à qui tu as affaire! Et je vous mettrai tous sur la paille! En voilà un vieux qui a une santé! Et cocu avec ça, comme on ne peut pas l'être mieux, ni plus publiquement! Attends, va!

Elle fulminait encore quand elle rentra dans le salon ou Mariette et Clamiron l'attendaient.

—Eh bien! dit l'ami de Christian, tu as l'air tout encharibotté. Est-ce que le père Vernier t'a fait des propositions déshonnêtes?

—Ah! bien, oui! Il venait m'apprendre que Christian s'est cassé une patte tantôt, et qu'on le soignait à la campagne.

—Ah! pauvre garçon! s'écria Clamiron.

—Eh! dis donc, fit Mariette avec un sourire malicieux, méfie-toi qu'on ne te chambre pas ton petit homme! Il vaut cher, le jeune Christian....