Elle se redressa et, comme par enchantement, redevint souriante. Son visage exprima la joie et, toute rose, avec des larmes encore tremblantes au bord des yeux, elle était vraiment délicieuse. Mais l'heure des triomphes était passée pour elle. Trop intelligente pour ne pas comprendre qu'elle n'avait plus rien à espérer des roueries de l'amour, elle se résigna à dissimuler, pour essayer de se préparer une revanche:

—Amis? Oh! serait-ce possible? s'écria-t-elle. Je ne te perdrais donc pas tout à fait?

—Tu veux bien alors?

Elle hocha la tête et sa physionomie instantanément redevint triste.

—Ah! Christian, s'il le faut, pour te plaire.... Mais, quelle différence! Ah! comment m'y résigner? Non, vois-tu, il vaut mieux nous séparer pour toujours. Je souffrirais trop. Je sens que mon cœur se déchirerait si tu étais près de moi sans m'aimer....

Elle se dressa sur ses pieds et, avec un geste de désespoir:

—Ah! tout est fini pour moi! Adieu!

Ce fut lui qui la retint:

—Étiennette, ne t'en va pas comme ça. Je t'assure que tu me fais du chagrin....

—Petit chagrin! murmura-t-elle avec un mélancolique sourire. Mais, je ne me plains pas, va, je ne voudrais pas te voir souffrir. C'est bien assez de moi!