Puis elle revint à la croisée, ses cheveux à nu, clairs attirant l'oeil avec leurs lueurs de cuivre.

La foule qui encombrait la rue regarda, curieuse de cette femme qui n'était pas comme les autres, la toilette et la chevelure voyantes.

Hugues s'impatienta. On voyait assez de derrière les rideaux. Il eut un mouvement d'énergie, violemment referma la fenêtre.

Alors Jane se froissa, ne voulut plus regarder, se coucha sur un sofa, impénétrable, dure.

La procession chanta. Aux moires élargies des cantiques, on entendit qu'elle était proche. Hugues, tout endolori, s'était détourné de Jane; il appuya son front brûlant aux vitres, fraîcheur d'eau où délayer toute sa peine.

Les premiers enfants de choeur passaient, chanteurs aux cheveux ras, psalmodiant, tenant des cierges.

Hugues distinguait clairement le cortège à travers les vitrages, où les personnages de la procession se détachaient comme les robes peintes sur le fond des images religieuses en dentelle.

Les congréganistes défilèrent, portant des piédestaux avec des statues, des Sacré-Coeur; tenant des bannières d'or endurci, comme des vitraux; puis les groupes candides, le verger des robes blanches, l'archipel des mousselines où l'encens déferlait à petites vagues bleues—concile de vierges-enfants autour d'un Agneau pascal, blanc comme elles et fait de neige frisée.

Hugues se tourna un instant du côté de Jane qui, toujours boudant, restait enfoncée dans le sofa, ayant l'air de contempler des idées mauvaises.

La musique des serpents et des ophicléides monta plus grave, charria la guirlande frêle, intermittente, du chant des soprani.