C'est la fin d'un règne; ou c'est-il
Un pressentiment de veuvage,

Un apprentissage d'exil,
Un commencement d'hivernage?

Soir affligeant! On sent enfin
Qu'on est trop seul, qu'on ne vit guère,

Humain à peine et trop divin!
Et que l'Art est un reliquaire

Où l'on enclôt son coeur vivant
Dans un tombeau de pierreries.

Ah! vivre! le soleil, le vent,
La mer, les arbres, les prairies;

Les lèvres et les seins aussi!
Un amour, un but, un calvaire!

Pas toujours ce destin transi,
Cette solitude sous verre.

Mais n'est-on pas ainsi déjà
— Espoir de gloire moins précaire! —

Le saint qui pour soi s'ouvragea
De son vivant, un reliquaire?