Sans avoir droit au beau nom de savant, tout écrivain est forcé parfois d'employer la méthode scientifique, je me mis donc à examiner curieusement l'écriture jaunie sur papier de Hollande du rapport signé d'Argenson. A la hauteur de cette ligne: «Je continue de faire chercher le prétendu comte ...» Il y avait sur la marge ces trois mots écrits au crayon, et tracés d'une main rapide et ferme: «L'on ne peut trop.» Qu'est-ce que l'on ne peut trop?—chercher l'abbé de Bucquoy, sans doute.....
C'était aussi mon avis.
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Toutefois, pour acquérir la certitude, en matière d'écritures, il faut comparer. Cette note se reproduisait sur une autre page à propos des lignes suivantes du même rapport:
«Les lanternes ont été posées sous les guichets du Louvre suivant votre intention, et je tiendrai la main à ce qu'elles soient allumées tous les soirs.»
La phrase était terminée ainsi dans l'écriture du secrétaire, qui avait copié le rapport. Une autre main moins exercée avait ajouté à ces mots: «allumées tous les soirs,» ceux-ci: «fort exactement.»
A la marge se retrouvaient ces mots de l'écriture évidemment du ministre Pontchartrain: «L'on ne peut trop.»
La même note que pour l'abbé de Bucquoy.
Cependant, il est probable que M. de Pontchartrain variait ses formules. Voici autre chose:
«J'ai fait dire aux marchands de la foire Saint-Germain qu'ils aient à se conformer aux ordres du roy, qui défendent de donner à manger durant les heures qui conviennent à l'observation du jeusne, suivant les règles de l'Église.»