Il y a seulement à la marge ce mot au crayon: «Bon.»

Plus loin il est question d'un particulier, arrêté pour avoir assassiné une religieuse d'Évreux. On a trouvé sur lui une tasse, un cachet d'argent, des linges ensanglantés et un gand.—Il se trouve que cet homme est un abbé (encore un abbé!); mais les Charges se sont dissipées, selon M. d'Argenson, qui dit que cet abbé est venu à Versailles pour y solliciter des affaires qui ne lui réussissent pas, puis-qu'il est toujours dans le besoin. «Aincy, ajoute-t-il, je crois qu'on peut le regarder comme un visionnaire plus propre à renvoyer dans sa province qu'à tolérer à Paris, où il ne peut être qu'à charge au public.»

Le ministre a écrit au crayon: «Qu'il luy parle auparavant.» Terribles mots, qui ont peut-être changé la face de l'affaire du pauvre abbé.

Et si c'était l'abbé de Bucquoy lui-même!—Pas de nom; seulement un mot: Un particulier. Il est question plus loin de la nommée Lebeau, femme du nommé Cardinal, connue pour une prostituée... Le sieur Pasquier s'intéresse à elle ...

Au crayon, en marge: «A la maison de Force. Bon pour six mois.»

*

Je ne sais si tout le monde prendrait le même intérêt que moi à dérouler ces pages terribles intitulées: Pièces diverses de police. Ce petit nombre de faits peint le point historique où se déroulera la vie de l'abbé fugitif. Et moi, qui le connais, ce pauvre abbé,—mieux peut-être que ne pourront le connaître mes lecteurs,—j'ai frémi en tournant les pages de ces rapports impitoyables qui avaient passé sous la main de ces deux hommes,—d'Argenson et Pontchartrain[1].

Il y a un endroit où le premier écrit, après quelques protestations de dévouement:

«Je saurais même comme je dois recevoir les reproches et les réprimandes qu'il vous plaira de me faire...»

Le ministre répond, à la troisième personne, et cette fois, en se servant d'une plume... «Il ne les méritera pas quand il voudra; et je serais bien fâché de douter de son dévouement, ne pouvant douter de sa capacité.»