Le bibliophile dont je parle se rendit ce soir-là au Palais-National. Sa préoccupation ne s'adressait pas aux voitures; il était inquiet d'un ouvrage en quatre volumes in-folio intitulé Perceforest.

C'était un de ces roumans du cycle d'Artus,—ou du cycle de Charlemagne,—où sont contenues les épopées de nos plus anciennes guerres chevaleresques.

Il entra dans la cour du palais, se frayant un passage au milieu du tumulte.—C'était un homme grêle, d'une figure sèche, mais ridée parfois d'un sourire bienveillant, correctement vêtu d'un habit noir, et à qui l'on ouvrit passage avec curiosité.

—Mes amis, dit-il, a-t-on brûlé le Perceforest?

—On ne brûle que les voitures.

—Très-bien! continuez. Mais la bibliothèque?

—On n'y a pas touché... Ensuite, qu'est-ce que vous demandez?

—Je demande que l'on respecte l'édition en quatre volumes du Perceforest,—un héros d'autrefois...; édition unique, avec deux pages transposées et une énorme tache d'encre au troisième volume.

On lui répondit: