—Vous pouvez, me disait-il, vous marier ici de quatre manières. La première, c'est d'épouser une fille cophte devant le Turc.
—Qu'est-ce que le Turc?
—C'est un brave santon à qui vous donnez quelque argent, qui dit une prière, vous assiste devant le cadi, et remplit les fonctions d'un prêtre: ces hommes-là sont saints dans le pays, et tout ce qu'ils font est bien fait. Ils ne s'inquiètent pas de votre religion, si vous ne songez pas à la leur; mais ce mariage-là n'est pas celui des filles très-honnêtes.
—Bon! passons à un autre.
—Celui-là est un mariage sérieux. Vous êtes chrétien, et les Cophtes le sont aussi; il y a des prêtres cophtes qui vous marieront, quoique schismatique, sous la condition de consigner un douaire à la femme, pour le cas où vous divorceriez plus tard.
—C'est très-raisonnable; mais quel est le douaire?...
—Oh! cela dépend des conventions. Il faut toujours donner an moins deux cents piastres.
—Cinquante francs! ma foi, je me marie, et ce n'est pas cher.
—Il y a encore une autre sorte de mariage pour les personnes très-scrupuleuses; ce sont les bonnes familles. Vous êtes fiancé devant le prêtre cophte, il vous marie selon son rite, et ensuite vous ne pouvez plus divorcer.