—Mais, cela, c'est le mariage européen.
—Tout à fait. Vous n'avez qu'une seule ressource alors; si vous connaissez quelqu'un au consulat, c'est d'obtenir que les bans ne soient pas publiés dans votre pays.
Les connaissances de cet éleveur de vers à soie sur la question des mariages me confondaient, mais il m'apprit qu'on l'avait souvent employé dans ces sortes d'affaires. Il servait de truchement au wékil, qui ne savait que l'arabe. Tous ces détails, du reste, m'intéressaient au dernier point.
Nous étions arrivés presque à l'extrémité de la ville, dans la partie du quartier cophte qui fait retour sur la place de l'Esbekieh du côté de Boulaq. Une maison d'assez pauvre apparence au bout d'une rue encombrée de marchands d'herbes et de fritures, voilà le lieu on la présentation devait se faire. On m'avertit que ce n'était point la maison des parents, mais un terrain neutre.
—Vous allez en voir deux, me dit le juif, et, si vous n'êtes pas content, on en fera venir d'autres.
—C'est parfait; mais, si elles restent voilées, je vous préviens que je n'épouse pas.
—Oh! soyez tranquille, ce n'est pas ici comme chez les Turcs.
—Les Turcs ont l'avantage de pouvoir se rattraper sur le nombre.
—C'est, en effet, tout différent.